Arbre câblé

Point sur les arbres câblés

En 2007, l’ONEMA a suggéré au Syndicat de cabler des arbres lorsque c’était possible. Cette action menée en partenariat avec la fédération de pêche de la Vienne consiste à fixer en berge à l’aide de câble d’acier certains arbres tombés ou abattus lors de l’entretien des cours d’eau.

La fédération de pêche achète les câbles et les manchons (serre-câbles) pour un cout avoisinant les 500€/an. Après l’accord du propriétaire, nous ébranchons les parties émergées afin de limiter les embâcles. Ces arbres sont placés dans ou a proximité des fosses le long de la berge. Ils apportent à la faune piscicole une zone de caches, d’alimentation et pour certaines espèces un support pour la reproduction.

La première partie expose la partie technique, la seconde aborde quelques résultats.

Cette action novatrice et peu couteuse permet pour la pêche d’améliorer l’habitat et pour le Syndicat de limiter les manipulations (moins de remanent à sortir et à bruler). Le Syndicat dispose en plus du matériel d’abbattage, l’expérience et la connaissance du terrain.

Remarque :
« Le bois, ça flotte » … oui, sauf que : quelques bois exotiques ont une densité (= masse volumique) supérieure à 1 comme le boco mais aussi les bois dits « verts » (juste coupés) qui ont des densités proches de 1 pour le chêne, châtaignier, hêtre,… Il y a aussi, dans le cas des arbres câblés, le poids de la partie émergée qui pèse sur la partie immergée. Il y a aussi quelques cas particuliers comme les concrétions calcaires qui se fixent sur le bois et l’alourdissent ou encore les souches avec la terre, pierres,…

Il est prévu d’installer une cinquantaine d’arbres par an avec un suivis annuel afin d’évaluer si cette action répond aux attentes des financeurs et des objectifs du Syndicat.

Objectifs et enjeux

L’opération est un compromis entre les objectifs du Syndicat, la Fédération de Pêche, l’ONEMA et les propriétaires. Le fait de laisser des arbres dans l’eau permet de constituer une à trois zones du cycle des espèces aquatiques (zone de refugezone d’alimentation, zone de reproduction). Respectivement, les branches forment des caches, le support bois est exploité par les petites espèces qui nourrissent la chaine alimentaire et les branches peuvent être un support de pontes pour les sandres et les perches.

Toutefois les parties émergées sont coupées et retirées afin de ne pas gêner la circulation de l’eau.

Principe

Conserver des caches, amener les arbres le long de la berge en coupant ce qui dépasse de l’eau. Eviter les abords des ponts, moulins, ouvrages et les pentes importantes. Privilégier les zones calmes et profondes. Durée de vie >5 ans (à déterminer avec le suivis).

Technique

La sélection de l’arbre : c’est le compromis entre
– l’arbre (espèce, possibilité de l’installer le long de la berge et surtout la densité des branches)
– l’accord du propriétaire
– le cours d’eau (profondeur, taille, pente, ouvrage à proximité,…)

L’abbatage : étape importante, conseils
– abbatage dirigée le long de la berge plutôt que de le ramener après sa chute
– maitriser les techniques d’abbatage (surtout les tenons, coins, leviers,… toujours en tenues de sécurité)
– éviter les arbres trop mort, il risque de se casser à la chute

Le choix du câble :
– diamètre du câble (nous utilisons du 6mm resistance environ 2T)
– nature du câble (inox, acier, acier + PVC, acier + gainage plastique,…)
– sertissage du câble (nous utilisons des manchons en aluminium diamètre 6mm avec une pince spéciale)

Après l’avoir postitionner le long de la berge, il faut le câbler en faisant un noeud coulant sur l’arbre et une boucle fixe sur le point d’ancrage (des U en fer à béton peuvent être nécessaire pour fixer le câble à la souche ou faire des oreilles à la tronçonneuse).

Le coût de l’opération

Le câble en acier coute environ 0.86€ le m en diamètre 6mm à 7 torons, quant au câble inox même diamètre coute 2.16€ au m (prix en 2008, dépend énormément des cours de l’acier). Il faut compter entre 2.5 et 8m de câble (moyenne entre 3 et 4 m) par arbre. Les manchons pour sertir les câbles coutent 0.2€/pièces et qu’il en faut 4 par arbres soit un cout approximatif par arbre de 5€. Le matériel nécessaire varie entre à la grosse artillerie (tracteur, tire-fort, câble 25m, treuil, tout en barque,…) et le petit matériel de bucheronnage (une tronçonneuse polyvalente, une corde,…). D’un point de vue humain, 2 personnes suffisent dans la plupart des cas.

Budget de la première année environ 500 €, la pince à manchon coute environ 200€ et le câble est acheter en rouleau de 100m. le temps passé pour un arbre est inférieur à 1 h, sauf si l’on oublie la barque, ou que l’arbre par en sucette, la c’est plus long.

Quelques photos d’un arbre câblé sur la Dive de Couhé en mars 2012 (d’autres photos d’arbres câblés en bas de page avec des erreurs à éviter)

Difficultés rencontrées 

A ce jour, nous avons disposés une trentaine d’arbre, aucun n’est partie avec les crues, mais il faut suivre sur plusieurs années pour déterminer leur dégradation et la fiabilité de la pose.

Nous rencontrons deux difficultés d’ordre général, la première est le compromis entre l’arbre assez garni en branches et le cours d’eau (largeur, profondeur, courant, obstacles,…). La deuxième difficulté est de bien faire tombé l’arbre en limitant la casse des branches notamment d’autres arbres gênant la chute, sujet trop penché pour être ramener,…

En note, les propriétaires ne s’opposent pas à ce genre d’opération.

Suivi

Le suivis se déroule par des relevés visuels tous les ans courant juin à septembre pendant 5 ans (2j terrain et 1j bureau). Il recense dans une bases de données la dégradation de l’arbre, le volume de caches,… pour déterminer les avantages et les inconvénients de ce type d’aménagement.